mardi 18 avril 2017

Tadanori Yokoo, Ken Takakura, 1969

Une image par jour #29

Shin Abashiri Bangaichi : Saihate no nagaremono [Abashiri Prison : The Vagrant Comes to a Port Town] Kioshi Saeki, Toei, 1969)

samedi 15 avril 2017

Etsuko Miura, Réincarnation, 2015

Une image par jour #28


Sculpture : Etsuko Miura
Photographie : Atsushi Tani
La double page vient du livre Réincarnation (ed. Treville, 2015)
ici


lundi 10 avril 2017

Hako Yamasaki, l'enfant sauvage



Hako Yamasaki est ma troisième chanteuse folk des années 70. Moins chargée d’alcool et de nuits sans sommeil que Maki Asakawa et moins hantée que Morita Doji, elle rappelle ces chanteuses que l’on croise dans les romans d’Haruki Murakami lorsque le héros se souvient de ses soirées dans les bars à côté de l’université. Elle évoque une mélancolie plus simple mais pas moins prenante. Hako est l’étudiante romantique avec qui on imagine se promener au crépuscule le long de l’étang d’Ueno. Si on établissait la bande-son du roman graphique de Kamimura Lorsque nous vivions ensemble, on y placerait certainement quelques chansons d’Hako. Comme c’est le cas pour ses consœurs, les albums d’Hako sont des merveilles visuelles où rien, de la pochette au livret intérieur, n’est laissé au hasard. De beaux dessins originaux et des photos construisent minutieusement son mood juvénile, un peu vagabond, figure solitaire errant le long des voies ferrées, dans les terrains vagues ou sur les plages nocturnes.
























samedi 8 avril 2017

Necronomidol : Ithaqua



Les Necronomidol sont nos petites chamanes préférées de la J-pop. Dans le premier clip de leur album Deathless, elles invoquent une créature lovecraftienne : Ithaqua, seigneur de la neige et des vents glacés. Elles sont filmées dans les forêts enneigées du nord du Japon, terre mythique de religions plus anciennes encore que le shintoïsme et célébrées par des prêtresses en peaux de bêtes collectant les ossements et les pierres. C’est aussi de ces paysages de neige qu’est issu le butô torturé de Tatsumi Hijikata, comme si la blancheur glacée était la cristallisation des ténèbres. C’est ce qui fascine dans la vidéo : ce froid qui les enserre et que leurs frissons rendent perceptible. Elles évoluent dans un monde qui, paradoxalement, associe le froid à l’hypersensibilité et au trouble charnel, mais aussi à l'extase, comme celle qui saisit Sari la jeune fille aux cheveux verts. Bien qu’elle en soit la parfaite antithèse, le ventre dénudé de Risaki Kakizaki est dans ce contexte l’image la plus érotique que la J-pop a produit depuis Heavy Rotation des AKB48. Ithaqua est donc la vidéo des Necronomidol qui décrit au mieux le territoire unique qu’elles construisent. Ce refus d’appartenir au monde bariolé et électrique de leurs consœurs, quitte à se figurer en monstres, fantômes ou sorcières, en fait des figures en retrait, aristocratiques et un peu hautaines. Mais cette terre maudite, si elle est leur royaume sera aussi leur tombeau nous dit la vidéo qui les voit s’effondrer une à une. Les Necronomidol est bien le groupe le plus romantique de la J-pop.  









Mario Ambrosius + Sachiko Hara, Ma poupée japonaise, 2001

Une image par jour #23

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mercredi 5 avril 2017

Okoshi Kotaro, Les insectes mangeurs de lune,1999

Une image par jour #20



" One day I asked a high school friend of mine about her hobbies and she answered "Plastic models." And another high school girl told me she was way into military uniforms. She's so into uniforms that she's even got a German officer's uniform from WW2! Then there was another girl in my class named Hiromi, she picked up this giant larva and said she wanted to be an entomologist when she grows up."
Kotaro Okoshi






samedi 1 avril 2017

Necronomidol : Psychopomp


Les Necronomidol sont les chamanes de la J-pop : cinq jeunes filles de moins de 20 ans qui depuis 2014 mixent les chants emo des idoles, avec du métal et de l’électro. Les vraies racines de Necronomidol sont cependant plus anciennes et puisent dans les musiques de JA Seazer pour Shuji Terayama. Ce fameux angura. On adore bien sûr la farouche guerrière Risaki Kakizaki et ses pointes de cheveux rouges comme du sang séché, mais l’idole immédiate est Sari avec ses cheveux verts et son araignée sur la joue. Necronomidol est à la base un projet hybride puisqu’initié par Ricky Wilson, un producteur américain suite au succès de groupes alternatifs comme Baby Metal. D’où peut-être sa nature davantage underground que mercantile et son respect de l’intégrité de ses musiciennes. Les Necronomidol sont autant des chanteuse que des actrices autour desquels s’élabore un concept empruntant à Suehiro Maruo, à Lovecraft et aux croyances shinto. 
Dans Psychopomp, l’un de leurs plus beaux clips, elles sont mises en scène par le photographe Dan Szpara à Aokigahara, la fameuse forêt des suicidés. On croit d’abord à des images fixes, déjà fascinantes, avec ces lichens verdâtres et mordorés couvrant les troncs d’arbres, mais si on y prête attention, il y a toujours un frémissement dans l’image : une touche de lumière vibrante, des feuilles d’herbes, des insectes… Les Necronomidol apparaissent une à une, elles-aussi immobiles, comme intégrées à cette vie séculaires. Elles ne chantent pas et ne sont jamais réunies. Chacune est découpée en plans de mains, de jambes, de cheveux, comme si elles entraient dans un monde dont le visage n’était plus le centre et dont le temps humain n’était pas non plus la mesure. Si la forêt les entoure, elles sont comprises entre deux motifs : un crâne de cerf blanchi et ce tapis de feuilles d’automne gorgé d’humidité. Les jeunes filles magiques mènent ainsi cette vie parallèle, entre l’os ayant atteint son point inaltérable et les matières organiques en décomposition.